- Retour accueil : Musée du Vieux Saint-Etienne - |
- Retour accueil : Amis du Vieux Saint-Etienne - |
TRISTAN Flora(Paris, 1803 - Bordeaux, 1844)
Descendante par son père de Montezuma, roi du Mexique. Epouse Chazal, graveur, dont elle a une fille (la mère de Gauguin). Rêve de fonder une Union universelle des ouvriers destinée à leur émancipation. Entreprend un tour de France au cours duquel elle visite Saint-Etienne en juin 1844. Oeuvres : Pérégrinations d’une paria (1838), Promenades dans Londres (1840), Le tour de France (inédit jusqu’en 1973, journal de voyage inachevé).
|
L’aspect de la ville de Saint-Etienne. C’est en petit et bien laid ce qu’est Lyon. - Toutefois avec les deux grands fleuves de moins. Les maisons sont moins hautes qu’à Lyon, mais elles sont plus noires, encore plus tristes, plus sales. Toutes celles habitées par les ouvriers sont ignobles, quelques neuves sont assez bien - elles appartiennent toutes à des fabricants de rubans, d’armes et de quincaillerie. Çà et là sur les collines qui entourent la ville il y a de jolies maisons de campagne aux fabricants. - Lorsque j’aperçois ces maisons, elles me causent un mouvement d’effroi dont je ne suis pas maîtresse - songeant de suite à la manière dont elles se sont gagnées, je vois dans chaque pierre un membre humain. Je viens de la messe à la cathédrale. Elle était pleine, comble et de peuple principalement. Cette cathédrale de Saint-Etienne est ignoble. L’intérieur répond à l’extérieur. - C’est dégouttant à voir. - Il y avait près de la chapelle de la Vierge un Jésus-Christ sous verre que les pauvres paysans baisaient respectueusement en mettant une aumône à côté. - D’autres baisaient des reliques. - Allez donc parler à des gens de cette sorte de leurs « droits » et de leurs « devoirs» !
Extrait de : Le tour de France - 1844 |