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Saint-Etienne, regards d'écrivains sur la ville ... une exposition des Amis du Vieux Saint-Etienne (c) 1996.Retour direct au sommaire de l'exposition

BRUNO G. (pseud.)





Sous ce pseudonyme se cache Madame Alfred Fouillée, née Augustine Tuillerie. L’ouvrage connaît une grande diffusion. Son sous-titre « Devoir et Patrie » annonce son caractère édifiant : il s’agit de donner un savoir à de futurs citoyens.

Oeuvres : Francinet (1869), Le Tour de la France par deux enfants (1877).



Saint-Etienne au matin dans la brume avec les sirènes qui appellent au travail au milieu d’un fouillis de tours, de bâtiments et de grosses cheminées portant à leur sommet vers un ciel enténébré leur dépôt de scories comme un monstrueux gâteau sacrificiel.

Les richesses d’un pays ne sont pas seulement à la surface de son sol : il y en a d’incalculables enfouies dans la terre et que la pioche du mineur en retire.

Après avoir traversé un joli pays, verdoyant et bien cultivé, nos voyageurs virent de loin monter dans le ciel un grand nuage de fumée. En approchant, Julien distingua bientôt de hautes cheminées qui s’élevaient dans les airs à une soixantaine de mètres.

Quand on arriva, il était déjà tard et le travail venait de cesser à la Manufacture. Alors, à un signal donné, on vit tous les ouvriers sortir à la fois: c’était une grande foule, et Julien les regardait passer avec surprise, en se demandant comment on pouvait occuper tant de travailleurs. - Et tous les fusils dont la France a besoin pour ses soldats ! lui dit André ; ne crois-tu pas qu’il y ait là de quoi donner de la besogne ? Sans compter les sabres, les épées, les baïonnettes : la plus grande partie de tout cela se fait à Saint-Etienne. C’est dans la petite rivière qui coule ici, et qui s’appelle le Furens, qu’on trempe l’acier des sabres et des épées, pour les rendre plus durs et plus flexibles. - Oui, mes amis, dit M. Gertal, Saint-Etienne est la ville du fer et de l’acier. Cependant l’industrie du fer n’occupe encore que la moitié de ses nombreux ouvriers. Ce ne sont point des objets de quincaillerie que je vais acheter ici ; ce sont des soieries, des rubans, des velours.


Extrait de :
Le tour de la France par deux enfants - 1877 Edition Belin, Paris 1987, p. Ch. LXV, p. 153, 154

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