En 1908, le puits Ferrouillat, situé près de
la commune de La Ricamarie, servait encore à l'extraction du charbon.
Son creusement commença le 7 avril 1875 et s'arrêta le 1er février
1879 à la profondeur de 390 mètres. En mai 1881, on installa le
guidage. En 1884, le puits était prêt à la mise en service.
L'extraction débuta en 1886 à 276 m. de profondeur. L'arrêté
d'abandon du puits date du 3 mars 1965.
Ce groupe est sans doute constitué par l'équipe
travaillant au jour du puits Ferrouillat (receveur, toucheurs, forgeur, machiniste,
homme d'entretien...), dans le puits lui-même (receveur qui "engageait"
les bennes) ou près du puits (palefrenier des écuries). La lampe
est là pour montrer que l'on fait bien partie de la famille de "la
mine". Il y a peut-être des lampistes (ceux qui distribuaient les
lampes dans le groupe).
- Ouvriers (chauffeurs) chargés de la conduite
de la chaudière fournissant la vapeur à la machine d'extraction
; l'un porte la pelle qui servait à jeter le charbon sur la grille
des chaudières, l'autre le "ringard" qui servait à
"décrasser" (faire tomber les scories dans le cendrier)
et aussi à "égaliser" le feu.
- "Toucheurs" : jeunes ouvriers
qui conduisaient les chevaux ; ils ont un fouet.
- Forgeur : il porte le marteau et la
pince qui permet de tenir le métal porté au rouge. Les forgeurs
assuraient l'entretien des outils des ouvriers, pics, barres à mine...
Dans chaque puits d'extraction se trouvait un petit atelier de forge. Le
reste de l'équipe de forgeurs est sûrement sur la photo.
- Ces deux ouvriers portent une lanterne
à l'intérieur de laquelle se trouve une grosse lampe à
pétrole. Il s'agit des lampes qui servaient à l'éclairage
des "recettes" des puits ou des écuries du fond, mais plus
probablement des recettes (recette : point de rencontre du puits et de la
galerie par laquelle arrivent les bennes à remonter).
- Une plateforme montée sur des
roues de bennes porte un palan. Des équipes d'entretien du gros matériel
se trouvaient souvent dans de petits ateliers proches des puits d'extraction
et étaient chargés de l'installation des pompes, des tuyauteries,
dans le puits. La plateforme servait au transport des pièces lourdes.
- C'est le seul ouvrier qui soit nu-tête, ce qui
amène à penser qu'il s'agit du machiniste
(ouvrier qui conduisait la machine d'extraction) ; il venait de quitter
son poste et allait y retourner rapidement (quand du personnel était
au fond, il devait y avoir quelqu'un à la machine). A l'époque,
peu de gens allaient nu-tête.
- Il porte un chiffon. Il s'agit probablement du "frotteur",
chargé d'astiquer les machines d'extraction. Les cuivres et parties
métalliques non peintes étaient très bien entretenues.
le frotteur était en quelque sorte l'aide du machiniste ; pendant
la circulation du personnel, il prenait place à côté
du machiniste (il était formé pour savoir arrêter la
machine en cas de défaillance du conducteur).