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Emmanuel
Hubert
Résumé
Au début
du XIXe siècle, suite à des accidents
industriels très meurtriers, le législateur
avait décidé (décret du 15
octobre 1810) d’éloigner les sources
de risque industriel du centre des villes. Cet
événement a donné naissance
à la réglementation sur les risques
industriels. Les évolutions historique,
sociologique, économique et technique de
la France depuis la fin de la seconde guerre mondiale
ont conduit, par «phagocytose» de
la ville sur les usines, à la création
d’un territoire péri-industriel inadapté
à la potentialité d’un accident
industriel majeur. Des accidents industriels majeurs
- Enschede en 2000 (Pays-Bas) et Toulouse en 2001
- sont venus rappeler que ces calamités
technologiques peuvent, aussi, concerner des pays
développés. Le retour d’expérience
sur ces événements dramatiques renforce
la nécessité de la maîtrise
de l’urbanisation pour mieux prévenir
et limiter le risque industriel en vue d’une
sécurité accrue pour les populations
exposées. La loi du 30 juillet 2003 propose
la création de Plans de Prévention
des Risques Industriels (PPRT) comme outils d’aide
à la maîtrise de l’urbanisation
péri-industrielle. La mise en place de
ces plans va nécessiter une volonté
politique et donc des prises de décisions
complexes.
Ce travail de thèse est
une contribution à ces évolutions
réglementaires. Son objectif principal
est de proposer des outils pour une nouvelle gouvernance
du risque industriel majeur et du territoire péri-industriel
concerné.
Pour répondre à
cet objectif, il est proposé une méthodologie
d’aide à la réflexion à
destination des décideurs publics locaux
(maires et responsables de l’aménagement
du territoire local). Celle-ci repose sur une
étude de la vulnérabilité
du territoire péri-industriel. Cette vulnérabilité
se compose de 3 dimensions: les deux premières
sont liées à l’occurrence
d’un accident et à ses conséquences
(macro et microscopiques) potentielles, la troisième,
elle, est liée à la pérennité
de ce territoire spécifique et aux conséquences
que pourraient induire les mesures d’atténuation
envisageables des deux premières dimensions
de la vulnérabilité. Cette méthodologie
a été testée dans un souci
de validation sur un territoire péri-industriel
à proximité de Saint-Etienne. Nous
proposons ensuite l’utilisation de l’évaluation
de la vulnérabilité dans le cadre
d’une démarche de concertation comme
le propose la loi du 30 juillet 2003. Cette démarche
participative doit permettre l’émergence
des intérêts de tous les acteurs
(forts, faibles ou absents) concernés.
Et amener le décideur local à prendre
des décisions respectueuses du développement
durable du territoire dont il a la responsabilité.
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