Résumé
L’analyse de l’empreinte écologique permet d’évaluer la consommation des ressources et les besoins d’absorption des déchets d’une population humaine ou d’une économie donnée, en termes de surface correspondante de sol productif. Cette méthode présente de nombreux avantages visant à rendre plus objectives les perceptions de la durabilité et des pressions sur l’état du capital naturel de la planète. Elle veut exprimer en quelques sortes le degré de dépassement de la capacité de charge de l’écosystème exercé par une société ou région dans les conditions de technologie et d’organisation sociale actuelles. Pour mieux cadrer l’empreinte écologique, on pourrait utiliser les termes d’offre et demande : elle dresse un bilan écologique en comparant la demande et l’offre en ressources naturelles.
Le calcul de l’empreinte écologique est basé sur la traduction des statistiques de productions et consommations nationales en surfaces de terre et d’eau biologiquement productives utilisées pour produire les ressources consommées et pour assimiler les déchets générés avec les technologies actuelles. Deux approches pour la transformation de données de consommations en unités de surfaces peuvent être utilisées pour un système donné :
la « compound approach » : est utilisée pour les calculs des empreintes des pays.
« component approach » : est une méthode qui nous semble plus approprié pour des calculs d’empreinte au niveau « micro » d’une organisation ou activité individuelle, mais qui nécessite des adaptations méthodologiques pour rendre plus fiables les calculs à petite échelle, ce qui nous pose ainsi plusieurs questions .
Afin d’envisager ces questions, et les intérêts d’une utilisation de cet indicateur dans le cadre d’une activité industrielle, nous avons développer une méthode pour utiliser cet indicateur dans le cas d’un chantier routier. Notre terrain d’application est la mise à 2*2 voies du tronçon de la RN7-RN82 entre Cosne-Sur-Loire et Balbigny, en France.
Le premier objectif de cette étude est de mener à bien un calcul d’empreinte pour mettre en évidence les points d’achoppement de la méthode que nous développons ainsi que d’identifier le type d’enseignements qui peut être tiré d’un tel calcul au niveau « micro ». Le deuxième objectif de ce travail est de proposer un cadre systématique de suivi des différents impacts sur les ressources.
Sur un plan méthodologique, le calcul de l’empreinte écologique au niveau « micro » d’un chantier routier nous a permis de réfléchir sur les comparaisons et les adaptations possibles de différentes méthodes possibles pour le calcul des facteurs de conversion (consommations vers empreinte). D’autre part à travers ce travail, nos résultats de calcul d’empreinte pour ce chantier mettent en évidence les impacts respectifs de certaines consommations a priori négligées (exemple des tuyaux en béton). Selon les sources utilisées (méthode bilan carbone, logiciels d’ACV ou ACV spécifiques à un produit donné), on observe ; pour l’exemple du béton ; un écart d’environ 16% sur le facteur de conversion selon deux sources choisies pour l’ACV. Enfin, nous présentons certaines limites de l’utilisation de l’empreinte au niveau « micro ».