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LE 12 novembre 2016

Ambierle, village de caractère

Pour les Amopaliens de la Loire l’automne commence sous d’heureux auspices. Notre sortie à Ambierle le 6 octobre a été particulièrement réussie.

Organisée par les Amopaliens du Roannais, la journée prévoyait à une vingtaine de kilomètres de Roanne la découverte du petit village d’Ambierle, de son prieuré et de son musée .
C’est là que nous nous sommes retrouvés en début de matinée. Nos amis de Roanne avaient préparé pour nous accueillir un petit déjeuner fort sympathique ; la fraîcheur de la matinée a fait apprécier à tous le café et le thé bien chauds et les tartes bressannes ont flatté notre gourmandise. Un beau moment de convivialité.

Les guides se sont relayés ensuite pour satisfaire notre curiosité.

Revivons d’abord notre visite des collections de ce musée inauguré en 1952 sous le nom de "musée de la paysannerie et de l’artisanat forézien" et qui prit le nom de sa fondatrice Alice Taverne à la mort de cette dernière en 1969. Nous découvrons qui était cette enfant du pays qui à deux ans quitta notre région pour accompagner sa famille à Paris. Elle en revint avec son père en 1930 à l’âge de vingt-six ans. Tous deux abandonnent rapidement les fouilles archéologiques qu’ils avaient entreprises tout d’abord pour se livrer à des enquêtes sur la vie quotidienne et les traditions roannaises et foréziennes. Ils arpentent inlassablement la campagne à le recherche de tous les éléments qui se rapportent à la vie des habitants : traditions, coutumes mais aussi outils, ustensiles, meubles, vêtements qu’ils rapportent à la demeure familiale.

A la mort de son père en 1946, pour répondre au désir de ce dernier, Alice décide de rassembler leurs collections dans un musée. Elle vend la demeure familiale jugée trop petite, achète une ancienne maison de maître plus spacieuse dans laquelle elle n’occupe pour vivre que deux pièces, réservant les autres à l’installation de salles d’exposition..Ces salles construites autour d’un thème, ce sont celles que nous découvrons aujourd’hui : la grande salle paysanne, pièce unique de la ferme dans laquelle s’organise la vie quotidienne autour de l’âtre central, l’épicerie de village, l’auberge, l’atelier de la tailleuse, la chambre du médecin ; le cabinet du rebouteux, le salon bourgeois… L’abondance et la diversité des meubles et des objets collectés en fait tout l’intérêt.

Non moins intéressante l’exposition temporaire autour de la lessive, la "buyà" en patois forézien. Sous la houlette de Pierre Michel Therrat, vice-président de l’association des Amis du Musée Alice Taverne nous nous initions à ce que fut cette tâche qui pesa sur la vie des ménagères du temps passé. Elle n’avait heureusement lieu que deux fois dans l’année. Mais imaginez ce que devait être alors la quantité de linge à nettoyer ! La "buyà" s’étalait sur un programme de quatre jours dans d’énormes cuves avec de la cendre de bois comme agent blanchissant, puis arrivait le moment de l’étendage sur le pré, puis le repassage. Au fil de notre visite, nous observons l’évolution des méthodes de lavage et de repassage jusqu’à l’apparition des premières machines, des premiers fers électriques. Le nombre d’objets collectés pour cette présentation est impressionnant. Même les jouets de petites filles y trouvent leur place.

A midi un temps de repos bien venu nous est offert. Nous déjeunons au "Lancelot" d’un saucisson vigneron goûteux et d’une tarte aux pommes fine et croustillante à souhait. Un vrai repas d’automne ! Ragaillardis, nous voici prêts à reprendre le cours de nos découvertes. C’est par un récital dans l’église du prieuré que débute notre après midi. Pendant une demi -heure Haydn, Bach, Haendel, Mozart interprétés par la voix claire et chaude d’une soprano accompagnée au piano nous enchantent.Nous ravit aussi "le Rossignol" du compositeur russe Alabiev, réputé si difficile à chanter qu’elle nous donne en rappel.

Vient ensuite la visite du village : des ruelles dont la vie commerçante semble s’être bien souvent enfuie. Nous nous arrêtons au pied de la tour carrée du clocher de ce qui fut l’église paroissiale Saint Nizier, désaffectée à la Révolution, abritant aujourd’hui les locaux de la Poste. Le guide nous conte l’histoire de ce monument qui est la reconstruction d’une première église du même nom, tombée en ruines au XVIIe siècle et qui n’aurait jamais vu le jour si les paroissiens n’avaient eu un différent avec les moines du Prieuré dont ils partageaient les offices à l’église Saint Martin.

C’est cependant cette église Saint Martin qui est redevenue église paroissiale… L’église actuelle a été édifiée au XVe siècle pour remplacer l’ ancienne chapelle romane d’une abbaye fondée au Haut Moyen Age par des moines bénédictins, abbaye réduite en prieuré au début du XIIe siècle.

C’est vers le Prieuré qui domine le village que nous montons. En cette fin d’après midi, la toiture de tuiles vernissées polychromes de l’église brille au soleil. Elle rappelle celle des Hospices de Beaune. Nous ne sommes pas loin de la Bourgogne…
L’église qu’un incendie avait détruite en 1441 a été rebâtie en calcaire jaune des carrières de la région dans la seconde moitié du XVe siècle. De style gothique flamboyant, elle est l’œuvre d’Antoine de Balzac d’Entragues, évêque de Die et de Valence, prieur d’Ambierle dont nous retrouvons les armes sur les vitraux qui datent de la même époque.

Dans le chœur 36 stalles qui n’ont malheureusement pas été conservées dans leur intégralité font face à un retable d’une exceptionnelle beauté. Polyptyque légué au prieuré en 1476 par le conseiller du duc de Bourbon Michel de Changy, il se déploie sur 5m60, comportant une partie centrale sculptée représentant les différents moments de la passion du Christ et des volets peints probablement par l’école flamande de Roger Van der Weyden représentant le donateur, sa famille et leurs saints respectifs. Il mérite à lui seul une visite de l’église Saint Martin.

Nous terminons notre visite autour du prieuré pour observer les restaurations partielles qui ont été faites ou sont en cours, parfois contestables comme dans le cloître ce monstre de béton qui se veut être un puits (?). C’est là évidemment une appréciation toute personnelle…

Une fois encore, nous avons vécu une journée enrichissante. Merci à Aimé Thévenon de nous l’avoir offerte.

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