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LE 13 décembre 2015

Sortie des Amopaliens de La Loire à Charlieu

Le temps peu clément n’aura été qu’un handicap mineur pour les Amopaliens du sud et du nord de la Loire qui se sont retrouvés à Charlieu le 15 octobre pour une découverte des sites qui ont fait la renommée de cette petite ville : l’abbaye clunisienne el le musée de la soie et du tissage.

Notre première découverte est consacrée à l’abbaye bénédictine fondée aux environs de l’an 875 ; un demi siècle plus tard elle dépend de l’abbaye de Cluny à laquelle elle restera rattachée jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Dans l’ensemble des bâtiments nous retrouvons les caractéristiques des périodes romane, gothique et Renaissance.

Du premier étage du narthex, notre guide nous montre l’emplacement des fondations des trois églises qui se sont succédées : celle du IXe siècle non voûtée, à nef unique de style carolingien, dédiée à Saint Fortuné et saint Etienne dont elle conservait les reliques, remplacée un siècle plus tard, en raison du nombre croissant de pèlerins, par une église plus grande, voûtée, à la nef divisée en trois vaisseaux de style clunisien primitif . De la troisième construite sur un plan inspiré par Cluny en forme de croix latine ne subsiste que le narthex roman à deux étages, remarquable par son décor roman, et les vestiges de la première travée de la nef. Nous nous attardons longuement devant la riche décoration des portails, le grand portail surtout dont le tympan porte le Christ en majesté inscrit dans la mandorle ; l’ensemble foisonne de sculptures minutieuses : rinceaux de feuillages, grecques, rubans entrelacés sur lesquels apparaissent encore quelques traces de la polychromie d’origine. A noter aussi que l’agneau pascal sculpté sur l’archivolte est plus vrai que nature…


Au sud de l’église, le cloître gothique a beaucoup souffert au XIXe siècle ; transformé en dépôt ou hangar il a perdu sa galerie au nord et une partie de sa galerie ouest et ne présente aujourd’hui que des chapiteaux mutilés.

Dans la salle capitulaire du début du XVIe siècle le pilier central qui reçoit la retombée des voûtes porte un lutrin taillé dans la pierre ce qui est extrêmement rare. L’acoustique y est exceptionnelle, parfaite pour les concerts qui s’y donnent parfois.

Le parloir est devenu un musée lapidaire où sont réunis de nombreux bas-reliefs et chapiteaux romans et gothiques du monastère, le plus remarquable représentant Daniel dans la fosse aux lions. Du parloir, on accède à une ancienne cave devenue cellier puis aménagée en musée d’art religieux où sont rassemblées des statues de pierre et de bois d’époques diverses. C’est là que s’arrête notre visite, l’Hôtel du Prieur, demeure seigneuriale plus que monastique, aux dire de notre guide, ne se visite malheureusement pas pour le moment. Excellente raison pour revenir à Charlieu quand il sera possible d’y accéder !


Après un moment de repas convivial au Relais de l’Abbaye, l’après midi est consacrée à la visite du Musée de la soie, musée installé depuis 1992 dans l’Hôtel Dieu du XVIIIème siècle et destiné à conserver la mémoire de l’industrie du tissage dans la région de Charlieu.

Les tisserands de cette ville s’étaient regroupés en corporation dès le Moyen Age. Tissage du chanvre à cette époque, remplacé plus tard par celui du coton puis en 1827 par celui d’étoffes de soie destinées à la haute couture et l’ameublement haut de gamme. C’est ce dernier qui depuis un siècle et demie fait la réputation de Charlieu.

La démonstration des différents métiers à tisser nous fait remonter le temps. Le passage des premiers métiers en bois à l’actuel métier à jet d’air nous fait mesurer l’évolution technologique qui a permis de diversifier la production dans ce domaine ; aujourd’hui en effet, de nouveaux textiles sont produits à Charlieu : tissus pour revêtements des sièges de transports en commun, tissus anti bruit et anti feu.
Un métier à tisser miniature et une bannière rappellent une tradition qui perdure : avec ces accessoires, chaque année Notre Dame de septembre est portée en procession à travers la ville, la fête continuant par une vente aux enchères de charges royales destinées aux enfants. Le passage à la boutique du musée qui propose des articles en soie et différents objets fabriqués sur place termine agréablement notre visite.

Un petit plus qui n’était pas prévu au programme nous est offert en fin d’après midi : à l’Hôtel de Ville installé dans l’ancien hôtel de la famille de la Ronzière nous est ouverte la salle des mariages, salle de réception ornée sur trois de ses murs de magnifiques tapisseries d’Aubusson. Des scènes villageoises de bergerie, de cabaret, d’escarpolette et de danse nous transportent dans la fantaisie et la légèreté du XVIIIe siècle.

Une manière souriante de mettre un point final à notre journée…

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